Les labels bio : y voir clair sans se faire balader.
- La tribu bio du Val de Scarpe

- 21 janv.
- 5 min de lecture

Le bio, tout le monde en parle. Mais entre les logos verts, les promesses bien emballées et les mentions plus ou moins floues, pas facile de savoir ce qu’on met vraiment dans son panier.
Chez nous, on aime bien comprendre avant de croire. Alors on s’est dit qu’on allait vous expliquer tout ça tranquillement, sans jargon, sans dogme, et avec un peu d’esprit tribu. Parce que le bio, ce n’est pas une religion. C’est une série de choix.
1. Le bio européen : la base commune (le socle, quoi)
Le logo bio européen, la fameuse feuille verte étoilée, c’est le point de départ obligatoire. Sans lui, un produit n’a tout simplement pas le droit de s’appeler « bio » dans l’Union européenne.
Ce label impose des règles claires : pas d’OGM, pas de pesticides ni d’engrais chimiques de synthèse, des additifs très limités, et en élevage, des conditions de vie plus respectueuses des animaux, avec de l’espace, de l’extérieur et une alimentation bio.
Les producteurs sont contrôlés chaque année par des organismes indépendants, avec de la paperasse, des audits, des vérifications… bref, ce n’est pas juste un autocollant collé à la va‑vite.
👉 Le bio européen, c’est donc une base sérieuse et encadrée. Mais une base. Pas forcément le sommet de l’exigence.
2. Le label AB français : même règle, mais un œil un peu plus attentif
Le label AB français ne rajoute pas de nouvelles règles par rapport au bio européen. Sur le papier, c’est exactement le même cahier des charges.
La différence se joue surtout dans la façon dont il est appliqué. En France, il existe une culture du contrôle assez stricte, une traçabilité souvent très poussée et une réactivité plus forte en cas de problème.
Le label AB implique des contrôles à chaque étape : le producteur est audité, le distributeur aussi, et nous également en magasin ; trois niveaux de vérification, trois audits, trois factures… et forcément un coût qui se répercute en partie sur le prix final, mais avec une traçabilité et une cohérence réelles.
👉 En résumé : même bio, mais un cadre souvent plus surveillé. Ce n’est pas spectaculaire, mais ça compte.
3. Bio espagnol et italien : ce n’est pas le pays le problème, c’est le modèle
On entend souvent dire que le bio espagnol ou italien serait moins fiable. En réalité, ils respectent la même réglementation européenne que le bio français.
La vraie différence ne vient pas du pays, mais du circuit dans lequel ce bio est produit et vendu.
Quand le bio est destiné à la grande distribution, avec des volumes énormes à fournir, des prix tirés vers le bas et une exigence de régularité permanente, on bascule souvent vers une logique très industrielle. Le cadre est légal, mais la cohérence écologique et humaine peut s’effriter (la priorité pour eux, c'est le profit).
À l’inverse, dans les circuits spécialisés bio, avec des magasins indépendants (comme nous), des volumes plus raisonnables et des relations durables avec les producteurs, le risque diminue nettement. Les producteurs sont mieux rémunérés, les pratiques plus cohérentes, et les contrôles plus attentifs.
👉 Moralité : ce n’est pas « Espagne contre France ». C’est bio industriel contre bio spécialisé.
4. Le bio hors Union européenne : ni tabou, ni naïveté
Café, cacao, thé, épices, fruits exotiques… Certains produits ne poussent pas à côté d’Arras (on a vérifié).
Le bio hors UE est autorisé s’il respecte une équivalence de normes avec le bio européen. Sur le papier, c’est encadré. Dans la réalité, les contrôles sont plus complexes, tout simplement parce que les filières sont plus longues et plus éloignées.
👉 Ici encore, le vrai sujet n’est pas l’origine géographique, mais le sérieux du suivi.
Dans les circuits bio spécialisés, ces filières sont généralement mieux identifiées, mieux documentées et plus surveillées que dans les circuits de masse.
5. Les labels qui vont plus loin que le bio (ceux qui ne s’arrêtent pas au minimum)
Certains labels ont fait le choix d’aller au‑delà du bio européen, en ajoutant des exigences environnementales, agricoles et sociales plus poussées.
Bio Cohérence est né pour préserver un bio exigeant et engagé. Il refuse certaines pratiques pourtant autorisées en bio européen, comme les serres chauffées, et demande un engagement global de la ferme. Pas de bio à la carte.
Bio Partenaire place l’humain au cœur du système. Ce label garantit un prix minimum aux producteurs, des relations commerciales durables et un véritable engagement social. Ici, le bio ne se fait pas sur le dos de celui qui produit.
Demeter, issu de l’agriculture biodynamique, considère la ferme comme un organisme vivant à part entière. Sols, plantes, animaux et cycles naturels sont pensés ensemble. Son cahier des charges est parmi les plus stricts au monde, et sa vision clairement long terme.
Nature & Progrès est l’un des labels historiques du bio. Très engagé, souvent local et artisanal, il fonctionne avec un système participatif impliquant producteurs et consommateurs.
👉 Ces labels rappellent une chose simple : pour certains, le bio n’est pas un aboutissement, mais un point de départ.
6. Les faux amis : quand ce n’est pas du bio (même si ça y ressemble)
La Haute Valeur Environnementale (HVE), par exemple, n’est pas un label bio. Les pesticides et engrais chimiques y sont autorisés, dans une logique de seuils et de moyennes.
👉 Ce n’est pas « mal ». Mais ce n’est pas du bio.
Même chose pour des mentions comme « naturel », « respectueux de l’environnement » ou « agriculture raisonnée ». Elles sonnent bien, mais n’ont aucune valeur réglementaire bio.
7. Comment on choisit nos produits chez Biomonde Val de Scarpe
Un label, aussi sérieux soit‑il, ne fait pas tout. Alors chez nous, on a posé quelques règles simples.
En fruits et légumes, pas de transport par avion et pas de serres chauffées. La saisonnalité, la vraie, pas celle dictée par la concurrence.
Nos fournisseurs sont majoritairement des entreprises françaises, à taille humaine, spécialisées dans les circuits de magasins bio indépendants. Pas de grande distribution, donc plus de dialogue, plus de proximité et un vrai contrôle des filières.
Ils travaillent avec des chartes qualité exigeantes, assurant traçabilité, suivi des pratiques agricoles et vigilance sur les filières sensibles.
Oui, certaines matières premières sont hors UE. Mais elles proviennent de filières identifiées, contrôlées et suivies. Encore une fois, ce n’est pas la distance qui compte, c’est l’exigence.
Nous sommes aussi magasin ambassadeur Bio Partenaire, ce qui traduit notre engagement pour des filières équitables et un prix juste pour les producteurs.
8. Le budget, le libre arbitre et le bon sens
On va être clairs : la réalité du porte‑monnaie, ça compte.
Tout le monde ne peut pas, ni ne veut, acheter le produit le plus exigeant sur tous les critères. Et on le respecte.
Notre rôle n’est pas d’imposer une vision, mais de vous proposer des produits sûrs, contrôlés et cohérents, à différents niveaux de prix, en expliquant les différences.
Chacun place le curseur où il veut et on aime ça.
Et parfois, quand un produit s’éloigne trop de nos valeurs, on fait le choix de ne pas le référencer au risque de vous décevoir parfois.
Parce que choisir, c’est aussi renoncer (et dormir tranquille).
En conclusion
Chez Biomonde Val de Scarpe, on ne cherche pas le bio parfait.
On cherche le bio le plus cohérent possible, avec du bon sens, de la transparence… et toujours avec amour.
On ne vend pas du rêve. On fait juste de notre mieux, avec du bon sens, de la cohérence… et beaucoup d’attention pour notre Tribu bio du Val de Scarpe.




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