Canicule et climat : oui, on râle. Parce qu’on en a marre d’avoir raison.
- La tribu bio du Val de Scarpe

- 1 juil.
- 8 min de lecture

Il y a un moment où il faut arrêter de faire semblant !
Nous, les “bobos écolos”, comme certains aiment bien le dire avec leur petit sourire, ça fait des années qu’on parle de climat, de saisons qui déraillent, de chaleur qui arrive trop tôt, de sécheresse, d’alimentation, d’énergie, de sobriété, de bon sens.
Et maintenant ?
Maintenant, on y est.
Ce n’est plus “dans 20 ans”. Ce n’est plus “un jour peut-être”. Ce n’est plus “les générations futures verront bien”.
C’est maintenant.
C’est ici. C’est chez nous. Dans nos maisons. Dans nos magasins. Dans les écoles. Dans les crèches. Dans les EHPAD. Dans les hôpitaux. Dans les champs. Dans les corps fatigués par des nuits qui ne rafraîchissent plus.
Et franchement : on en a marre d’avoir raison dans le vide.
Canicule et climat : les records de chaleur tombent
Fin juin 2026, la France a encore pris une claque.
Météo-France indique que les 24 et 25 juin 2026 ont été les journées les plus chaudes jamais enregistrées en France depuis 1947 selon l’indicateur thermique national, avec pour la première fois une moyenne de 30 °C sur 24 heures.
Quelques chiffres, juste pour qu’on arrête de dire “c’est l’été, il fait chaud” :
43,8 °C à Saintes le 24 juin ;
43 °C à Brive le 22 juin ;
42,7 °C à Cognac le 23 juin ;
42,5 °C à Bordeaux le 23 juin ;
40,4 °C à Nancy le 26 juin ;
Paris a dépassé les 40 °C les 24 et 25 juin.
Et même chez nous, à Arras, selon les relevés consultables sur Infoclimat pour la station indiquée comme station Météo-France d’Arras, on atteint 36,8 °C le 24 juin 2026. Infoclimat précise que ses données sont informatives et ne remplacent pas les données officielles expertisées, donc on le dit proprement : ce sont des relevés consultables, pas un communiqué officiel.
36,8 °C à Arras, fin juin.
Pas dans le Sud. Pas au bord de la Méditerranée. Pas “là où il fait toujours chaud”.
Arras quoi ......
Et le pire, ce ne sont pas seulement les températures de l’après-midi. Ce sont les nuits.
Météo-France a relevé pendant cet épisode des températures minimales historiques tous mois confondus : 27,2 °C à Nantes, 27,1 °C à Orly, 26,8 °C à Bordeaux, 26,4 °C à Paris, 26,2 °C à Vannes.
À Arras aussi, on voit le problème : toujours selon les relevés consultables sur Infoclimat, la température minimale la plus élevée de juin 2026 atteint 21 °C le 26 juin.
Quand la nuit ne rafraîchit plus, le corps ne récupère plus.
Et là, on ne parle plus de confort. On parle de santé.
Le GIEC alerte depuis 1990. Trente-six ans.
Le GIEC a publié son premier rapport d’évaluation en 1990. Ce rapport expliquait déjà l’importance du changement climatique comme défi mondial nécessitant une coopération internationale.
1990 ! On n’était pas sur TikTok. On n’avait pas tous un téléphone dans la poche. On ne commandait pas sa vie en trois clics. On avait encore le minitel.
Mais on savait déjà !
Et depuis, les rapports se sont enchaînés. Le dernier rapport de synthèse du GIEC rappelle que chaque fraction de réchauffement supplémentaire intensifie les risques et que limiter le réchauffement impose des réductions rapides, profondes et durables des émissions de gaz à effet de serre.
Donc non, le problème n’est pas que “les écolos exagèrent”.
Le problème, c’est qu’on a perdu des décennies à faire semblant d’écouter.
Canicule et climat : il faut stopper les émissions de CO₂ au plus vite
Là, il faut être très clair : on ne parle pas d’un petit réglage sympa pour 2050.
Le GIEC dit que limiter le réchauffement humain nécessite d’atteindre zéro émission nette de CO₂, et que les trajectoires compatibles avec 1,5 °C ou 2 °C demandent des réductions rapides et profondes, dans tous les secteurs, dès cette décennie.
Météo-France indique aussi que les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont atteint un niveau record en 2024, à 56,8 milliards de tonnes équivalent CO₂, dont les trois quarts sont directement liés aux énergies fossiles.
Et le budget carbone restant pour avoir une chance sur deux de maintenir le réchauffement sous 1,5 °C pourrait être épuisé avant 2030 au rythme actuel des émissions.
Avant 2030.
Pas “dans 50 ans”. Pas “quand les enfants de nos enfants seront vieux”. Avant 2030. Moins de 4 ans !
Alors oui, il faut réduire les émissions de CO₂ vite, fort, sérieusement.
Et non, on ne pourra pas continuer comme avant en repeignant trois slogans en vert pour faire style....
Le pétrole ? Le vrai sujet, c’est qu’on ne peut plus faire comme si de rien n’était.
Soyons précis : le problème n’est pas seulement de savoir s’il restera du pétrole demain matin. En tout cas, les stocks s'épuisent ; on n’en a plus pour longtemps.
Le problème, c’est que le pétrole, le gaz et le charbon sont des énergies fossiles, finies, polluantes, instables, et qu’on ne peut plus se permettre de les brûler comme si la planète avait un bouton “réinitialiser”.
Le Haut Conseil pour le climat rappelle que les deux tiers des émissions françaises de gaz à effet de serre sont liés à l’usage des combustibles fossiles, et que l’atteinte des objectifs climatiques dépend notamment de la sortie des énergies fossiles.
Donc on a deux choix.
Soit on organise la sortie des énergies fossiles proprement, avec justice, anticipation et courage.
Soit on attend que le climat, les prix, les crises et les tensions nous forcent à le faire dans la douleur.
Personnellement, je préfère qu’on décide avant de se prendre le mur.
En 2026, nos bâtiments ne sont toujours pas prêts.
Écoles, crèches, hôpitaux, EHPAD, logements, services publics : on sait depuis des années que les vagues de chaleur vont devenir plus fréquentes, plus longues et plus intenses.
Et pourtant, partout, on voit encore du béton, du bitume, des bâtiments qui surchauffent, des salles impossibles à rafraîchir, des cours d’école qui ressemblent plus à des parkings qu’à des lieux de vie.
Le ministère de l’Éducation nationale a publié en 2026 un plan de gestion des vagues de chaleur qui demande notamment d’établir un diagnostic de vulnérabilité à la chaleur des écoles et établissements scolaires, et de cartographier les établissements les plus exposés.
Très bien.
Mais la vraie question, c’est : pourquoi seulement maintenant ? Et surtout : quand est-ce que ça devient massif, obligatoire, financé, suivi, contrôlé ?
Les cours d’école végétalisées obligatoirement, c’est pour quand ?
Parce que le tout-béton, c’est mort.
Le gouvernement reconnaît lui-même que les épisodes de fortes chaleurs vont gagner en intensité, durée et fréquence, que la France a connu quatre fois plus de jours de canicule cette dernière décennie que dans les années 1980, et que les vagues de chaleur sont un risque majeur pour la santé, la sécurité civile et la continuité des activités.
Il rappelle aussi que les îlots de chaleur urbains peuvent faire grimper les températures jusqu’à 10 °C de plus en ville, et qu’il faut introduire de la végétation, réduire l’imperméabilisation des sols et réintégrer l’eau dans les zones urbaines.
Donc on attend quoi ?
Encore trois étés à fermer des classes, déplacer des examens, bricoler des ventilateurs, distribuer des bouteilles d’eau, et dire “surtout hydratez-vous bien” ?
Boire de l’eau, c’est indispensable.
Mais ce n’est pas une politique publique.
Oui, ça coûte cher. Mais ne rien faire coûtera encore plus cher : investir maintenant dans des bâtiments adaptés à la chaleur, c’est éviter demain des fermetures, des urgences, des travaux en catastrophe et des vies mises en danger.
Oui, chacun doit faire sa part. Mais non, les citoyens ne peuvent pas tout porter.
Bien sûr qu’on peut agir à notre niveau.
Manger plus local. Acheter bio quand c’est possible. Réduire le gaspillage. Réparer. Moins surconsommer. Isoler. Planter. Recycler. Soutenir les producteurs qui travaillent correctement. Faire attention à l’énergie. Faire mieux, chacun à sa place.
Nous, à notre niveau, on essaie déjà.
Pas parfaitement. Pas avec une auréole au-dessus de la tête. Pas en mode donneurs de leçons.
Mais sincèrement.
Sauf qu’on ne va pas sauver le climat uniquement avec trois gourdes, deux tote bags, une salade de pois chiches et une bonne volonté héroïque.
Il faut des décisions politiques fortes. Des règles claires. Des investissements. Des obligations. Des aides bien pensées. Des sanctions quand il faut. Et surtout du courage.
Parce qu’à un moment, sans décisions politiques fortes, on est foutus.
Hé, tu veux être président ? Ben viens me voir, qu’on discute.
L’élection présidentielle arrive.
Alors on va poser les choses simplement.
À celles et ceux qui veulent le poste : quand allez-vous faire un vrai programme climatique et le tenir ?
Pas trois phrases dans un meeting. Pas une photo dans un champ. Pas “l’écologie pragmatique” pour dire “on verra plus tard”. Pas des paroles en l’air.
Un vrai programme.
Oui, c’est compliqué. Oui, ça va coûter cher. Oui, ça ne fera pas plaisir à tout le monde. Oui, il faudra faire des efforts. Oui, il faudra parfois accepter des sacrifices. Oui, personne n’a une solution magique dans sa poche.
Moi non plus, je n’ai pas toutes les réponses.
Mais eux, ils se présentent, ils veulent le poste, ils veulent diriger le pays.
Donc qu’ils fassent le job.
On parle souvent des “six degrés de séparation” : l’idée que deux personnes peuvent être reliées par une chaîne d’environ six relations ou intermédiaires. En gros, on est toujours à quelques personnes de quelqu’un qui connaît quelqu’un, qui connaît quelqu’un, qui connaît quelqu’un de puissant.
Alors si ce message arrive à un candidat, une équipe de campagne, un élu, un conseiller, quelqu’un qui pense pouvoir décider pour nous : venez.
Venez au magasin.
Mieux : on organise un débat quand vous voulez.
Venez parler climat, alimentation, commerce local, pouvoir d’achat, agriculture, énergie, écoles, EHPAD, hôpitaux, adaptation.
On ne sera pas d’accord sur tout. On ne partage pas forcément les mêmes valeurs.
Mais nous, on est capables d’écouter quelqu’un même quand on n’est pas d’accord.
On peut discuter. On peut confronter. On peut chercher à avancer dans le bon sens.
On sait qu’on ne fera jamais plaisir à tout le monde. On n’est pas chez les Bisounours. Mais il faut au moins essayer.
Parce que là, le niveau de “on sait, mais on verra plus tard” commence sérieusement à nous fatiguer.
Oui, je râle. Et alors ?
La France a connu quatre fois plus de jours de canicule cette dernière décennie que dans les années 1980, l'année de ma naissance.
Donc depuis que je suis né, on sait.
On a les rapports. On a les données. On a les courbes. On a les relevés. On a les alertes. On a les scientifiques. On a les conséquences sous les yeux.
Et on a fait quoi pour la canicule et le climat ?
Pas assez (pour pas dire rien).
Alors oui, je râle.
Je râle parce que ça me saoule que rien ne bouge assez vite. Je râle parce qu’on savait. Je râle parce qu’on sait encore. Je râle parce qu’on voit déjà les conséquences. Je râle parce qu’on demande aux citoyens d’être responsables pendant que les grandes décisions n'arrivent pas.
Mais râler ne suffit plus.
Il faut que ça change.
MAINTENANT.
Oui, ce n’est pas simple. Oui, on va grincer des dents, même moi. Oui, il faudra changer des habitudes. Oui, il faudra faire des choix. Oui, ça va secouer.
Mais on n’a plus le luxe de faire semblant.
Parce qu’on sait. On a les infos. On a les données. On sait.
Depuis des décennies, on sait.
Alors stop.
Changeons.
Ou alors, ne venez pas vous plaindre qu’il fait chaud.
Lol.
Enfin… lol jaune.
Bon, j’ai assez râlé pour aujourd’hui. Je vais aller me rafraîchir avant de passer moi-même en vigilance rouge.




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