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Le jeûne : quand le corps passe en mode “révision générale” (et pourquoi il sait déjà faire)

  • Photo du rédacteur: La tribu bio du Val de Scarpe
    La tribu bio du Val de Scarpe
  • 21 févr.
  • 7 min de lecture
Homme devant un repas copieux illustrant le jeûne intermittent et la régulation naturelle du corps à Arras

Quand on est malade, on n’a pas faim.

Personne ne se dit en pleine grippe :“Tiens, si je me faisais une raclette.”

Pourquoi ?

Parce que le corps est intelligent. Lorsqu’il lutte contre une infection, il coupe l’appétit. Il met la digestion en veille pour concentrer son énergie sur l’essentiel : les défenses immunitaires.

Digérer mobilise énormément de ressources. L’estomac sécrète, le foie transforme, le pancréas régule la glycémie, l’intestin absorbe. C’est une usine en pleine activité. Or quand l’organisme doit gérer une inflammation ou une infection, il priorise. Il redirige l’énergie vers la réparation et l’immunité.

Il se repose, il optimise et il régule.

Le jeûne volontaire s’appuie sur ce mécanisme naturel. On ne “fait” rien d’extraordinaire au corps. On lui enlève simplement, temporairement, une charge de travail.

Et là, il se passe des choses.


Ce qui change biologiquement (et ce n’est pas juste dans la tête)

Au bout d’environ douze à vingt-quatre heures, les réserves de glycogène diminuent. L’insuline baisse. Le corps comprend qu’il n’y a plus d’apport extérieur immédiat. Il commence alors à mobiliser les graisses stockées.

Le foie transforme les acides gras en corps cétoniques. Ces molécules deviennent une source d’énergie alternative, notamment pour le cerveau. Contrairement aux idées reçues, le cerveau ne “manque” pas d’énergie. Il s’adapte.

Beaucoup décrivent alors une clarté mentale étonnante. Ce n’est pas mystique. Les corps cétoniques fournissent une énergie plus stable que le glucose. Moins de pics, moins de chutes.

Après plusieurs dizaines d’heures, un autre mécanisme s’intensifie : l’autophagie. Les cellules entrent dans une phase de recyclage interne. Elles éliminent des composants abîmés, recyclent certaines protéines altérées et optimisent leur fonctionnement. Ce processus a été étudié en profondeur, notamment par le chercheur japonais Yoshinori Ohsumi, récompensé par un Prix Nobel en 2016.

En simplifiant, on pourrait dire que le corps lance un grand ménage intérieur. Pas avec serpillère et playlist motivante, mais avec enzymes et signalisation cellulaire.

On observe aussi, chez certaines personnes, une amélioration de la sensibilité à l’insuline et une stabilisation glycémique. Moins d’envies sucrées. Moins de fringales. Moins de montagnes russes.

La recherche explore également les effets sur certains marqueurs inflammatoires et l’immunité. Tout n’est pas encore définitivement établi, mais les bases physiologiques sont sérieuses.


Le repos : la pièce maîtresse trop souvent oubliée

Et là, point essentiel.

Jeûner ne signifie pas simplement arrêter de manger.

Le repos est fondamental.

Mon premier jeûne hydrique, quatre jours, je l’ai réalisé en continuant un rythme soutenu. Travail, sollicitations, peu de récupération. Les effets étaient présents, mais limités.

J'ai donc écouté les conseils.

Mon dernier jeûne, six jours, avec davantage de repos, des temps calmes, moins de stimulation, plus de sommeil… là, j’ai ressenti un travail beaucoup plus profond. Comme si le corps avait enfin l’espace pour enclencher pleinement ses mécanismes de régulation.

C’est logique. Si on enlève la digestion mais qu’on maintient un stress élevé, une hyperactivité et un mental en surchauffe, l’organisme reste en mode alerte. Il ne bascule pas totalement en mode réparation.

On ne fait pas une “révision générale” moteur en gardant le pied au plancher.

Le jeûne efficace, c’est digestion au repos et système nerveux apaisé.


Oui, parfois c’est inconfortable

Beaucoup de personnes ont peur d’avoir faim, de ne pas tenir, de “craquer”. Et paradoxalement, une fois lancé et passé le cap des premières heures, on réalise souvent que la sensation est bien moins intense qu’on l’imaginait.

Il faut aussi être honnête.

Le jeûne n’est pas toujours une promenade zen avec oiseaux en fond sonore.

Il peut y avoir des inconforts, surtout au début.

Maux de tête liés au sevrage du sucre ou du café. Sensation de fatigue transitoire. Irritabilité les premiers jours. Langue chargée. Mauvaise haleine liée aux corps cétoniques. Sensation de froid. Baisse temporaire de tension chez certaines personnes.

Ces phénomènes sont souvent liés à l’adaptation métabolique. Le corps change de carburant. Il ajuste ses hormones. Il modifie son équilibre hydrique et électrolytique.

Cela ne signifie pas que “ça marche mieux”. Cela signifie que le corps s’adapte.

L’inconfort ne doit jamais devenir souffrance. Si les symptômes deviennent importants ou inquiétants, on arrête et on consulte. Le jeûne n’est pas un test de résistance mentale.

Ce n’est pas un concours.


Une pratique ancienne… et encadrée ailleurs

Le jeûne existe dans les traditions religieuses depuis des siècles. Il est intégré dans le christianisme, l’islam, le judaïsme, les traditions bouddhistes et ayurvédiques. Les animaux le pratiquent instinctivement lorsqu’ils sont affaiblis.

En Allemagne, certaines cliniques appliquent depuis plus d’un siècle la méthode Buchinger, avec suivi médical, activité douce et encadrement global. Là-bas, le jeûne est structuré et accompagné.

On est loin du défi improvisé entre deux réunions.


Mon expérience à Saint-Laurent-Blangy

En tant que gérant de Biomonde Val de Scarpe, à Saint-Laurent-Blangy près d’Arras, je ne voulais pas en parler sans l’avoir vécu.

Je pratique le jeune hydrique strict, que le l'eau, pas de bouillon ou tisane.

Ce que j’ai observé personnellement : une clarté mentale marquée, un apaisement du système nerveux, une nette diminution des envies sucrées et une relation plus saine à la faim.

Mais j’ai aussi compris l’importance capitale de la reprise alimentaire. Légumes cuits en douceur, bonnes graisses, protéines légères, réintroduction progressive. C’est cette phase qui consolide les bénéfices.

Un jeûne mal repris peut annuler beaucoup de choses.

Et quel plaisir à la reprise...., on redécouvre les saveurs comme si les papilles avaient appuyé sur “reset” : une simple courgette paraît intense, une carotte semble sucrée naturellement, et l’on réalise à quel point nos goûts étaient parfois anesthésiés par l’excès et l’habitude.


L’encadrement est essentiel

Un premier jeûne ne doit pas être improvisé.

Il commence plusieurs semaines avant en y réfléchissant.

Il est recommandé d’en parler à son médecin traitant s’il est ouvert au sujet. Au magasin, nous avons également Yohann, notre naturopathe, qui peut accompagner la démarche.

Et pour celles et ceux qui souhaitent un cadre complet, nos amis de “L’Hirondelle Bleue” à Rebreuviette proposent des séjours de jeûne totalement encadrés, avec professionnels du bien-être et médecin sur place pour le suivi.

Le jeûne est un outil sérieux. Il mérite un cadre sérieux.

Si vous habitez Arras, Saint-Laurent-Blangy ou le Pas-de-Calais et que le sujet vous intrigue, nous en parlons au magasin avec plaisir.


Commencer simplement : le jeûne intermittent

Il n’est pas nécessaire de débuter par plusieurs jours.

On peut déjà tester le jeûne intermittent. Cela consiste à réduire la fenêtre alimentaire quotidienne. Par exemple, manger sur huit heures et laisser seize heures sans apport calorique. Dîner à 19h et reprendre à 11h le lendemain. On dort dedans, donc ce n’est pas une épreuve olympique.

Ce format permet déjà au corps de baisser l’insuline, de mobiliser progressivement les graisses et d’offrir un vrai repos digestif.

C’est souvent une excellente première étape.


Perte de poids pendant le jeûne : comprendre ce qui se passe réellement

Oui, on perd du poids pendant un jeûne.

Et parfois assez vite.

Mais il faut comprendre ce que la balance raconte… et surtout ce qu’elle ne raconte pas.

Les premiers jours, la perte de poids correspond en grande partie à la diminution des réserves de glycogène. Le glycogène est la forme de stockage du glucose dans le foie et les muscles. Or, chaque gramme de glycogène retient plusieurs grammes d’eau. Quand ces réserves diminuent, l’eau associée est éliminée. Résultat : la balance baisse rapidement.

On perd donc surtout de l’eau au début.

Il y a également une vidange digestive naturelle, ce qui contribue encore à la baisse du poids.

Ensuite, le corps bascule progressivement vers l’utilisation des graisses comme carburant. C’est là que la mobilisation du tissu adipeux commence réellement à jouer un rôle plus important.

Et le muscle dans tout ça ?

Le corps n’est pas stupide. Il ne va pas détruire massivement du muscle dès qu’il manque un repas. Il privilégie d’abord les réserves énergétiques disponibles, c’est-à-dire le glycogène puis les graisses. Sur un jeûne court ou modéré, avec un minimum d’activité douce et un repos adapté, la perte musculaire reste généralement limitée.

En revanche, un jeûne prolongé sans préparation, sans repos et répété de manière excessive peut entraîner une perte musculaire plus marquée. C’est pour cela que l’encadrement et la durée raisonnable sont essentiels.

Et à la reprise ?

Le poids remonte.

Pourquoi ?

Parce que le corps reconstitue ses réserves de glycogène. Et comme le glycogène retient de l’eau, l’eau revient aussi. C’est mécanique. C’est physiologique. Ce n’est pas “du gras repris en deux jours”.

Le tissu adipeux ne se reconstitue pas instantanément si la reprise alimentaire est progressive et équilibrée. Ce que l’on reprend en premier, c’est principalement de l’eau et du contenu digestif.

On pourrait comparer cela à une éponge. Pendant le jeûne, on presse l’éponge, l’eau sort. À la reprise, elle se recharge. L’éponge n’a pas changé de nature. Elle s’est simplement réhydratée.

Le jeûne n’est pas une méthode miracle de perte de poids durable. Si l’objectif est uniquement de voir un chiffre baisser sur la balance, on risque d’être déçu. Le véritable intérêt du jeûne est ailleurs : régulation métabolique, relation à la faim, stabilité énergétique, reset gustatif et mental.

Et surtout, il ne faut jamais chercher à “sécher” au point de sacrifier du muscle. Le muscle est un tissu précieux, métaboliquement actif, protecteur. L’objectif n’est pas d’affaiblir le corps, mais de lui permettre de se réguler.

Un jeûne bien préparé, raisonnable, avec repos et reprise adaptée, ne doit pas être destructeur.

Encore une fois, ce n’est pas un concours de performance.

C’est une démarche de compréhension et d’équilibre.



Le vrai objectif

Le but n’est pas de faire un régime.

Le but n’est pas de perdre du poids.

Le but est de laisser le corps se réguler, de réduire la charge digestive, de soutenir les mécanismes naturels de nettoyage et souvent d’apaiser l’esprit en même temps.

Ce n’est pas une performance ni une compétition.

Il ne faut pas se fixer une durée rigide. On écoute son corps. On adapte. On respecte ses signaux.

Un jeûne réussi n’est pas celui qui dure le plus longtemps. C’est celui qui est préparé, encadré si nécessaire, et suivi d’une reprise alimentaire intelligente.

Chez nous, Biomonde Val de Scarpe à Saint-Laurent-Blangy, nous préférons parler d’intelligence physiologique plutôt que d’exploit.

Le jeûne est une pause consciente.


Parfois, la meilleure chose à faire pour son corps… c’est justement de ne rien lui faire avaler.

 
 
 

2 commentaires

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Invité
21 févr.
Noté 5 étoiles sur 5.

Super article Seb ! Merci de partager ton expérience 😉

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Maggy
21 févr.
Noté 5 étoiles sur 5.

Connaissant un peu le patron...Je confirme pour le repos et la clarté cérébrale. Ainsi que pour la nette diminution des envies sucrées. Je pratique le jeune intermittent. J'espère pouvoir consacrer une semaine de jeune pour aider mon corps a se '´ réinitialisé'´. Seb va m'aider 😉

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