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Le sucre : comprendre son rôle dans l’organisme et apprendre à mieux le consommer

  • Photo du rédacteur: La tribu bio du Val de Scarpe
    La tribu bio du Val de Scarpe
  • il y a 3 jours
  • 10 min de lecture
Tas de sucre blanc raffiné illustrant un article sur les effets du sucre dans l’alimentation – conseils d’un magasin bio à Arras.

Le sucre fait partie de notre alimentation depuis toujours. Présent naturellement dans les fruits ou ajouté dans de nombreux produits industriels, il est aujourd’hui au cœur de nombreux débats sur la santé.

Certains le considèrent comme le grand responsable de tous les problèmes alimentaires modernes. D’autres rappellent qu’il reste une source d’énergie essentielle pour l’organisme.

Comme souvent en nutrition, la réalité se situe quelque part entre les deux.

Alors, que se passe-t-il réellement dans notre corps lorsque nous consommons du sucre ? Pourquoi peut-il favoriser la prise de poids lorsqu’il est consommé en excès ? Existe-t-il de meilleures alternatives ?

Et surtout… peut-on encore manger un dessert sans culpabiliser ?

Bonne nouvelle : oui.

Mais pour comprendre comment, il faut d’abord regarder ce que fait réellement le sucre dans l’organisme.


Le sucre : un carburant naturel pour le corps

Dans le langage courant, on parle souvent du sucre comme d’un seul et même ingrédient. En réalité, le terme « sucre » regroupe une grande famille de molécules appelées glucides.

Parmi elles, la plus importante pour l’organisme est le glucose.

Lorsque nous mangeons des aliments contenant des glucides ( fruits, céréales, légumineuses ou même certaines racines ), notre système digestif les transforme en glucose. Ce glucose passe ensuite dans le sang et sert de carburant aux cellules.

Le cerveau, notamment, en est particulièrement friand (surtout le mien 🤪)

Bien qu’il ne représente qu’une petite partie du poids du corps, il consomme à lui seul environ 20 % de l’énergie totale de l’organisme. Autrement dit, il est un peu comme un moteur qui tourne en permanence… et qui réclame régulièrement du carburant.

Pour anticiper les besoins énergétiques, le corps dispose aussi d’un système de réserve. Une partie du glucose est stockée sous forme de glycogène dans les muscles et dans le foie.

Mais ces réserves sont limitées.

Et lorsque ces réserves sont pleines, l’organisme doit trouver une autre solution pour stocker l’énergie.


Quand le sucre devient… réserve de graisse

Lorsque nous consommons des glucides, le taux de sucre dans le sang (appelé glycémie) augmente.

Pour réguler cette glycémie, l’organisme libère une hormone essentielle : l’insuline.

L’insuline agit comme une clé qui permet au glucose d’entrer dans les cellules afin d’être utilisé comme énergie.

Mais elle a aussi une autre mission : gérer les excédents.

Lorsque les réserves de glycogène sont pleines, l’excédent de glucose est transformé en graisse de réserve et stocké dans les tissus adipeux.

Ce mécanisme n’a rien d’anormal. Il a même longtemps été vital pour l’être humain, à une époque où l’accès à la nourriture était irrégulier.

Le problème, c’est qu’aujourd’hui… les périodes de disette sont devenues assez rares. Le réfrigérateur est souvent plus constant que la météo.

Et quand on décide volontairement de faire une pause alimentaire — comme nous l’évoquions dans notre dernier article sur le jeûne — on se rend compte que notre organisme sait très bien fonctionner autrement. Il avait simplement un peu perdu l’habitude… 😉

Lorsque les apports en sucres rapides sont fréquents, l’organisme peut se retrouver dans une situation où le stockage est favorisé en permanence, ce qui peut progressivement contribuer à la prise de poids.


Les montagnes russes de la glycémie

Le problème du sucre ne vient pas uniquement de la quantité consommée, mais aussi de la vitesse à laquelle il est absorbé par l’organisme.

Certains aliments provoquent une montée très rapide de la glycémie. On parle alors de pic de glycémie.

Le corps réagit en produisant une quantité importante d’insuline pour faire redescendre ce taux de sucre dans le sang. Mais cette réaction peut parfois être un peu trop efficace, entraînant ensuite une chute de la glycémie.

Résultat : fatigue, baisse d’énergie… et souvent une nouvelle envie de sucre.

C’est ce mécanisme qui explique les célèbres coups de barre de 16 heures, ceux qui donnent soudainement envie d’ouvrir un tiroir à biscuits comme si notre survie en dépendait.

À l’inverse, certains aliments permettent de ralentir l’absorption du glucose. Les fibres, les protéines et les bonnes graisses agissent un peu comme des régulateurs naturels.

C’est notamment le cas des fruits entiers, des céréales complètes ou des légumineuses.


Tous les sucres ne se comportent pas de la même façon

Il est important de comprendre que les sucres présents dans les aliments ne sont pas tous équivalents.

Les sucres simples, comme le glucose ou le fructose, sont rapidement absorbés par l’organisme. On les retrouve naturellement dans les fruits, le miel ou le sucre de table.

Les glucides complexes, présents dans les céréales complètes, les légumineuses ou certains tubercules, sont digérés plus lentement et fournissent une énergie plus progressive.

Mais l’impact d’un aliment dépend aussi de sa transformation.

Un fruit entier contient du sucre, certes, mais il contient aussi des fibres, des vitamines et des composés antioxydants qui ralentissent son absorption.

Un soda, lui, apporte une grande quantité de sucre très rapidement assimilable… sans rien pour freiner la montée de glycémie.

Autrement dit, tout dépend du contexte alimentaire.


Le rôle de l’index glycémique

Pour mieux comprendre ces différences, les chercheurs utilisent une notion appelée index glycémique.

L’index glycémique mesure la vitesse à laquelle un aliment fait augmenter le taux de sucre dans le sang.

Les aliments très transformés ou riches en sucres rapides ont généralement un index glycémique élevé. À l’inverse, les aliments riches en fibres ou peu transformés provoquent une montée plus progressive de la glycémie.

L’objectif n’est pas de classer les aliments en « bons » ou « mauvais », mais plutôt de maintenir un équilibre global dans l’alimentation.


Pourquoi le cerveau réclame-t-il du sucre

Si les envies de sucre peuvent parfois sembler incontrôlables, ce n’est pas seulement une question de volonté.

Le cerveau possède un système de récompense très puissant. Lorsque nous consommons du sucre, certaines zones cérébrales libèrent de la dopamine, un neurotransmetteur associé au plaisir et à la motivation.

Ce mécanisme explique pourquoi les aliments sucrés sont souvent associés à des moments agréables : desserts, fêtes, souvenirs d’enfance… ou simple pause gourmande.

Avec le temps, le cerveau peut apprendre à rechercher ce type de récompense rapide.

La bonne nouvelle, c’est que ce système est adaptable. Lorsque l’on réduit progressivement les sucres ajoutés, les papilles gustatives s’habituent et les envies deviennent souvent moins fréquentes.

Et un fruit bien mûr peut soudain paraître étonnamment sucré.


Pourquoi réduire le sucre peut provoquer des maux de tête

Certaines personnes ressentent des maux de tête ou une sensation de fatigue lorsqu’elles diminuent fortement leur consommation de sucre.

Ce phénomène s’explique par une phase d’adaptation du métabolisme.

Lorsque le corps est habitué à recevoir régulièrement des apports rapides en glucose, une réduction brutale peut créer un léger déséquilibre temporaire. Le cerveau doit alors s’habituer à utiliser davantage d’autres sources d’énergie, notamment les graisses.

Durant cette période d’ajustement, certaines personnes peuvent ressentir fatigue, irritabilité ou maux de tête.

Heureusement, cette phase ne dure généralement que quelques jours. Une fois l’équilibre retrouvé, beaucoup décrivent au contraire une énergie plus stable au cours de la journée.


Le sucre et le cancer : une question souvent mal comprise

On entend parfois dire que « le sucre nourrit le cancer ». Cette phrase est souvent répétée mais mérite d’être nuancée.

Toutes les cellules du corps utilisent du glucose pour fonctionner, y compris les cellules cancéreuses. Mais cela ne signifie pas que la consommation de sucre provoque directement un cancer.

Les recherches montrent plutôt que certaines situations métaboliques, comme le surpoids, l’inflammation chronique ou la résistance à l’insuline, peuvent favoriser certaines maladies.

Comme souvent, c’est l’équilibre global de l’alimentation et du mode de vie qui joue un rôle.


Les sucres cachés dans l’alimentation moderne

Aujourd’hui, le principal problème ne vient pas forcément du dessert occasionnel.

Le vrai piège se trouve souvent dans les sucres ajoutés présents dans les produits transformés.

Dans l’industrie alimentaire, le sucre ne sert pas uniquement à sucrer. Il améliore aussi la texture, masque certaines saveurs et prolonge la conservation.

Résultat : on peut en retrouver dans des aliments auxquels on ne pense pas toujours.

Pour donner un ordre d’idée, une simple canette de soda peut contenir l’équivalent d’environ sept morceaux de sucre.

Dans les produits bio, les recettes sont souvent plus simples et les listes d’ingrédients plus courtes. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a jamais de sucre (un biscuit reste un biscuit, bio ou pas), mais on trouve généralement moins d’ingrédients inutiles et des compositions plus lisibles. Et ça, c’est déjà une bonne nouvelle pour celles et ceux qui veulent comprendre ce qu’ils mangent.

Autrement dit, une seule boisson peut parfois dépasser la recommandation quotidienne de l’Organisation mondiale de la santé.


Combien de sucre par jour ?

L’Organisation Mondiale de la Santé recommande de limiter les sucres ajoutés à moins de 10 % de l’apport énergétique quotidien, et idéalement à moins de 5 %.

Pour un adulte, cela correspond environ à 25 grammes de sucre ajouté par jour, soit l’équivalent d’environ six cuillères à café.

Ces recommandations concernent uniquement les sucres ajoutés, et non ceux naturellement présents dans les fruits.


Les alternatives au sucre

Face aux excès de sucre raffiné dans l’alimentation moderne, de nombreuses alternatives ont fait leur apparition. Certaines sont issues de plantes, d’autres résultent de procédés de fermentation naturelle. Leur objectif est souvent le même : apporter une saveur sucrée tout en limitant l’impact sur la glycémie ou l’apport calorique.

Il est toutefois important de garder à l’esprit qu’aucune de ces alternatives n’est une solution miracle. Elles peuvent être intéressantes dans certaines situations, mais elles doivent surtout s’inscrire dans une démarche globale visant à réduire progressivement la dépendance au goût sucré.

Parmi les alternatives les plus connues, certaines reviennent régulièrement dans l’alimentation bio ou dans les recettes maison.

Le xylitol, souvent appelé sucre de bouleau, est un édulcorant naturel appartenant à la famille des polyols. On le trouve naturellement en petite quantité dans certains fruits et légumes, mais celui que l’on consomme est généralement obtenu à partir de l’écorce de bouleau ou du maïs. Par un procédé d’extraction et de transformation, on obtient une poudre blanche dont l’aspect et le goût ressemblent beaucoup au sucre classique. Son pouvoir sucrant est proche de celui du saccharose, mais son index glycémique est nettement plus faible, ce qui limite les pics de glycémie. Il présente également un avantage intéressant pour la santé bucco-dentaire : il ne favorise pas les caries et est d’ailleurs utilisé dans certains chewing-gums ou dentifrices. En revanche, consommé en grande quantité, il peut provoquer des troubles digestifs comme des ballonnements ou un effet laxatif. Il faut donc l’utiliser avec modération.

L’érythritol appartient lui aussi à la famille des polyols. Il est généralement obtenu par fermentation naturelle de sucres présents dans certaines plantes ou céréales, souvent à partir de maïs ou de glucose végétal. Ce processus de fermentation produit un édulcorant qui apporte très peu de calories et dont l’impact sur la glycémie est quasiment nul. L’érythritol est particulièrement apprécié par les personnes cherchant à réduire leur consommation de sucre sans renoncer totalement au goût sucré. Il est également mieux toléré digestivement que d’autres polyols. Son principal inconvénient reste une légère sensation de fraîcheur en bouche, qui peut surprendre certaines personnes, notamment dans les boissons chaudes ou certaines pâtisseries.

La stévia provient d’une plante originaire d’Amérique du Sud appelée Stevia rebaudiana. Les feuilles de cette plante contiennent des composés naturels extrêmement sucrants. Après extraction et purification de ces molécules, on obtient un édulcorant très puissant : la stévia peut être jusqu’à deux cents fois plus sucrante que le sucre classique. Cela signifie qu’il suffit d’en utiliser de très petites quantités pour sucrer un aliment ou une boisson. Elle présente l’avantage de ne quasiment pas apporter de calories et de ne pas provoquer d’augmentation de la glycémie. Cependant, certaines personnes trouvent que son goût peut laisser une légère note réglissée ou amère selon les préparations.

Le sirop de yacon est moins connu mais suscite un intérêt croissant. Il est obtenu à partir d’une racine cultivée dans les Andes, proche de la famille des tournesols. Cette racine est pressée pour en extraire un jus qui est ensuite concentré pour obtenir un sirop sombre au goût légèrement caramélisé. Sa particularité est de contenir des fructo-oligosaccharides, des fibres prébiotiques qui ne sont pas totalement digérées par l’organisme et qui servent de nourriture au microbiote intestinal. Son index glycémique est relativement bas, ce qui en fait une alternative intéressante pour certaines personnes cherchant à limiter les variations de glycémie. En revanche, comme ces fibres fermentent dans l’intestin, une consommation excessive peut provoquer des ballonnements chez certaines personnes.

Le sucre de coco est une autre alternative souvent mise en avant. Il est obtenu à partir de la sève des fleurs du cocotier. Cette sève est récoltée puis chauffée pour en évaporer l’eau, ce qui permet d’obtenir des cristaux bruns au goût légèrement caramélisé. Le sucre de coco est moins raffiné que le sucre blanc et conserve quelques minéraux naturellement présents dans la sève. Son index glycémique est également légèrement plus modéré. Cela dit, il reste malgré tout un sucre, avec un apport calorique comparable au sucre classique. Son intérêt réside surtout dans son mode de production plus traditionnel et son goût particulier, mais il ne doit pas être considéré comme un produit sans impact sur la glycémie.

À côté de ces édulcorants, on trouve aussi des sucres dits plus “traditionnels” ou moins raffinés, souvent perçus comme plus naturels. Parmi les plus connus figurent le miel, le sirop d’agave ou encore les sucres complets issus de la canne à sucre.

Le miel, produit par les abeilles à partir du nectar des fleurs, est souvent perçu comme une alternative plus naturelle au sucre blanc. Il contient de petites quantités d’enzymes, d’antioxydants et de minéraux, mais reste malgré tout un sucre concentré qu’il vaut mieux consommer avec modération.

Le sirop d’agave, extrait de la sève d’un cactus originaire du Mexique, possède un pouvoir sucrant élevé et un index glycémique relativement bas. Cependant, il est très riche en fructose, ce qui incite aujourd’hui de nombreux nutritionnistes à recommander une consommation limitée.

Les sucres complets, comme le rapadura ou le muscovado, sont obtenus à partir du jus de canne à sucre simplement déshydraté, sans raffinage. Ils conservent ainsi une partie des minéraux naturellement présents dans la canne, mais leur impact sur la glycémie reste proche de celui du sucre classique.

Autrement dit, même lorsque les sucres sont moins transformés ou d’origine naturelle, ils restent avant tout… du sucre.

Au final, ces alternatives peuvent permettre de varier les plaisirs ou de réduire certains effets du sucre raffiné, notamment sur la glycémie. Mais elles ne remplacent pas l’idée essentielle : apprendre à diminuer progressivement la place du sucre dans l’alimentation.


Retrouver une relation plus simple avec le sucre

Plutôt que de chercher à supprimer totalement le sucre, l’approche la plus efficace consiste souvent à rééquilibrer progressivement l’alimentation.

Privilégier les aliments bruts, cuisiner davantage maison et être attentif aux sucres cachés permet déjà de réduire fortement les excès.

Avec le temps, les papilles gustatives s’habituent à des niveaux de sucre plus faibles. Les fruits paraissent plus sucrés, les envies deviennent moins fréquentes… et les fameux coups de barre de l’après-midi se font souvent plus rares.

Le mot de la tribu

Dans notre magasin bio Biomonde Val de Scarpe à Saint-Laurent-Blangy, près d’Arras, nous échangeons régulièrement avec nos clients sur ces questions d’alimentation et de sucre.

La plupart ne cherchent pas à supprimer totalement le sucre. Ils veulent simplement mieux comprendre comment équilibrer leur alimentation sans renoncer au plaisir.

Parce qu’au fond, bien manger ne consiste pas à bannir les desserts ou à vivre dans la peur d’un carré de chocolat.

Il s’agit surtout de retrouver un équilibre… et de garder une relation sereine avec ce que l’on met dans son assiette.

Si vous avez lu cet article jusqu’au bout et si tout cela vous donne envie de réfléchir à votre alimentation… c’est déjà un bon début.

Et si ça vous donne envie d’un dessert… on ne dira rien 😉

 
 
 

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